Analyse des stratégies régionales de développement

Moins nombreuses mais plus fortes, les Régions sont en charge de la coordination sur leur territoire de toutes les actions en faveur de l’économie et de l’animation des pôles de compétitivité. Elles pilotent toutes les politiques en matière de transport par trains express régionaux (TER), ainsi que les transports inter-urbains. Elles disposent de l’autorité de gestion des fonds européens depuis 2014. Elles sont pleinement responsables en matière de formation professionnelle depuis le 1er janvier 2015.

Leurs compétences dans le domaine du tourisme, de la culture, du sport, de la promotion des langues régionales et de l’éducation, dans la lutte contre la fracture numérique et l’aménagement numérique sont quant à elles partagées avec les départements.

Le renforcement de la compétence économique s’accompagne de l’obligation  d’élaborer un Schéma Régional de Développement Economique d’Innovation et d’Internationalisation (SRDE-II) qui doit pouvoir satisfaire 4 objectifs principaux :

  • La définition des orientations en matière d’aides aux entreprises, de soutien à l’internationalisation, d’aides à l’investissement immobilier et à l’innovation des entreprises. Ces orientations doivent avoir pour but de favoriser le développement économique de la région lequel doit être innovant, durable et équilibré sur l’ensemble du territoire régional. Ces aides doivent également viser le maintien des activités économiques existantes.
  • La définition des orientations relatives à l’attractivité du territoire régional
  • La définition des orientations en matière de développement de l’économie sociale et solidaire.
  • L’organisation de la complémentarité des actions menées par la région en matière d’aides aux entreprises avec les actions menées par les autres collectivités territoriales (départements, EPCI, communes). Si la Région est la seule compétente pour définir les régimes d’aides générales (prêts, subventions, avances remboursables…) et pour décider de l’octroi des aides aux entreprises dans la région, son rôle directeur ne s’exerce que certaines catégories d’aides. Elle peut participer aux aides décidées par les autres collectivités sous réserve de la passation d’une convention entre les collectivités territoriales.

D’autres objectifs subsidiaires sont présents dans ce schéma comme notamment :

  • La détermination d’actions destinées à promouvoir l’égalité professionnelle entre femmes et hommes.
  • L’élaboration d’un volet transfrontalier en concertation avec les collectivités territoriales des Etats limitrophes.

Feuilles de route pour le développement économique des régions donc, les SRDEII ont tous été adoptés, suite à de nombreuses phases de concertation avec les acteurs publics et privés, avant le 01 Janvier 2017. Une analyse poussée du contenu de ces derniers nous ont permis d’identifier les moyens affectés aux objectifs évoqués précédemment.

  • Faire des régions des terrains d’expérimentation des innovations

 1. Investir dans les innovations

L’innovation représente l’un des piliers principaux de tous les schémas régionaux. Les régions souhaitent devenir de véritables terrains d’expérimentations des innovations. Principalement revient l’idée d’aider à l’émergence, à la création et à la consolidation des pôles de compétitivité, des plateformes régionales d’innovation et des clusters régionaux et interrégionaux. Cela passe notamment par la création de dispositifs tels que les CIFRE (conventions industrielles de formation par la recherche) à l’échelle régionale. Ces conventions ont pour vocation de renforcer les échanges entre les laboratoires de recherche publique et les milieux socio-économiques, de favoriser l’emploi des docteurs dans les entreprises mais également de contribuer au processus d’innovation des entreprises.

2. Soutenir l’entrepreneuriat et le développement des TME-PME du futur

Afin de soutenir l’entrepreneuriat et le développement des TME-PME du futur, les régions sont toutes d’accord sur la nécessité de simplifier les mécanismes et d’assurer un accompagnement sur-mesure à la création, la transmission et reprise d’entreprise. Cela peut prendre la forme de financements directs comme l’octroi de subventions ou de prêts. L’Occitanie s’engage par exemple à simplifier l’accès au crédit pour les entreprises, à participer directement au capital des entreprises ou encore à cofinancer l’immobilier des entreprises. C’est également le cas en Normandie puisque la Région envisage la création d’un Fonds « Normandie Participations » lequel interviendrait directement en capital dans les entreprises normandes. Des dispositifs d’accompagnement de type NACRE ou encore INNOV’UP sont également pensés. Ces derniers auront pour objectif d’aider les entrepreneurs dans le montage du projet de création ou de reprise, de la structuration financière au démarrage de l’activité. En Ile-de-France, on envisage la création de 1000 tiers-lieux dédiés à l’entrepreneuriat. A ces dispositifs seront ajoutés des plateformes d’aides aux entreprises en difficulté afin de soutenir les acteurs économiques dans le développement de leurs entreprises. Dans le but de permettre le bon développement des entreprises régionales, les régions insistent sur l’importance d’accroître l’accès à la commande publique pour ces dernières. Pour certaines, cela passe par la mise en place d’un Small Business Act. En Ile-de-France, les pouvoirs publics entendent grâce à ce document mieux informer les TPE-PME, simplifier l’accès à la commande publique en allégeant les procédures grâce à la dématérialisation et en généralisant la démarche du « marché public simplifié ». Ils s’engagent notamment à consacrer un minimum de 2% de la commande publique régionale à l’achat innovant afin de soutenir le développement des starts-up et de l’innovation.

3. Assurer un rayonnement de l’innovation régional

Si cela ne constitue pas une priorité pour l’ensemble des régions, l’internationalisation des entreprises innovantes est une thématique majoritairement présente dans les schémas régionaux de développement économique. Afin de permettre donc l’internationalisation de leurs entreprises, les régions ont imaginé un certain nombre de mécanismes. L’Ile-de-France s’engage par exemple à développer une politique d’appui aux grands lieux d’innovation via l’attribution d’un label « Paris Region Innovation » lequel fera l’objet d’une large communication et promotion au niveau international. Dans cette logique de communication et de promotion, des événements de portée internationale seront organisées afin de faire connaître les entreprises innovantes (« Innovation Week » par exemple). Même son de cloche en Nouvelle-Aquitaine puisque ses représentents entendent participer à des salons internationaux afin de promouvoir les entreprises innovantes de la région.

  • Autres actions

1. Attirer les entreprises et investisseurs et permettre le développement de l’exportation des entreprises régionales

Attirer les entreprises et les investisseurs est un objectif phare des schémas régionaux. Tous s’accordent sur l’importance de l’élaboration et de la mise en place d’une stratégie d’attractivité. Nombreuses régions font reposer celle-ci sur une logique de marketing de l’offre territoriale. Il est question de faciliter l’installation des entreprises par la mise à disposition de services et d’infrastructures fonctionnelles.  Cela passe notamment par le renforcement et la modernisation des infrastructures (transports, numérique, foncier économique et immobilier d’entreprises, infrastructures de recherche…). En Normandie, la région s’engage à travailler avec ses partenaires pour développer les réseaux de communication et des infrastructures performantes partout sur le territoire normand par exemple. En Ile-de-France, le développement d’une offre immobilière foncière et tertiaire attractive et lisible à l’internationale est prévue. La région francilienne assure également un accompagnement des entreprises internationales avec la mise en place d’un guichet unique « Choose Paris Region ». A cet objectif d’attractivité, s’ajoute l’importance d’accroitre pour certaines régions, l’internationalisation des entreprises régionales.  Des mécanismes sont prévues notamment dans le Grand Est. Ces derniers visent à accompagner les entreprises dans l’exportation de leurs produits. Est prévu notamment la mise en ligne d’une plateforme « Grand Est Export » afin d’aider les entreprises régionales à exporter à l’international. Celle-ci propose à ces dernières un accompagnement personnalisé dans le but de dynamiser leurs exportations. Des Plans régionaux d’internationalisation d’entreprises sont également prévus par les schémas dont l’objectif principal est bel et bien l’accompagnement des entreprises dans le développement de leur commerce extérieur.

2. Participer au développement des nouvelles transitions et des nouveaux modèles économiques dont l’ESS

Les régions ont très bien intégré l’importance des nouveaux enjeux qui se présentent à elles à savoir la transition numérique, la transition écologique et le développement croissant de nouveaux modèles économiques.

Exceptée la région Ile-de-France et la Bretagne, toutes les régions insistent effectivement sur l’importance de la transition numérique et des moyens à mobiliser pour aider les entreprises à la réaliser. Il s’agit d’un des objectifs des Hauts de France : « Faire du Nord Pas de Calais une Région hautement avancée dans les technologies de l’information » ou encore de la Bourgogne Franche-Comté « Accélérer la transition numérique des entreprises. ». Cela passe par des investissements dans les infrastructures directement,  par des chèques-régions mis en disposition des TPE et PME pour soutenir leur évolution numérique, par l’organisation d’événements dédiés à la transformation numérique comme dans le schéma de la région PACA mais également  par le renforcement de l’offre en transformation numérique, par le développement de stockage et de gestion des données sur des sites sécurisées, par la structuration d’un écosystème numérique en Normandie. En Centre Val-de-Loire, on promet l’accès au haut débit pour tous. Le Grand Est souhaite soutenir la mise en place du plan Ferme du Futur lequel repose sur l’ambition de transformer le modèle industriel actuel par le numérique.

A cette transition numérique, s’ajoute, pas dans toutes les régions toutefois, la transition écologique. Certaines régions comme l’Ile-de-France, l’Occitanie, la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine, le Grand Est, la PACA et la Bourgogne Franche-Comté insistent sur l’importance de soutenir les entreprises régionales dans cette transition. En Bourgogne Franche-Comté, le conseil régional souhaite sensibiliser l’économie régionale à la transition écologique à travers des réseaux de conseils et la promotion d’expérimentations. En Occitanie, on souhaite accompagner l’adaptation aux changements climatiques et la transition écologique de l’agriculture à travers des aides directes. Dans le Grand Est, le conseil régional s’engage à consolider les initiatives en faveur de la bioéconomie dans un plan régional et à soutenir les démarches de production et de consommation d’énergies renouvelables.

La thématique de l’économie sociale et solidaire se retrouve dans 7 des 12 schémas régionaux. Les régions insistent sur la nécessité de développer cette branche d’activité et pour cela, elles proposent, comme la Nouvelle-Aquitaine, d’accompagner et de faciliter la création d’entreprises de l’ESS dans les territoires. En PACA, est envisagée l’élaboration d’une politique régionale partenariale intégrée de promotion et de soutien aux nouveaux modèles économiques sur la base d’un partenariat institutionnel entre l’Etat, l’ADEME, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Région et la Chambre de Métiers et d’Artisanat de la Région.

3. La formation et l’apprentissage

La formation et l’apprentissage sont présents dans plus de la moitié des schémas régionaux. Dans une logique d’anticipation et d’accompagnement des évolutions des besoins en compétences et en emplois des entreprises, de nombreux outils sont envisagés. En Ile-de-France, on souhaite élaborer une carte de formation unique en partenariat avec l’Education Nationale. En Auvergne Rhône Alpes, on envisage de former 50 000 apprentis ainsi que de développer des plans ajustés aux besoins des entreprises régionales. La Normandie souhaite participer quant à elle  à la mise en cohérence de l’évolution des campus normands avec la carte des formations, l’excellence de la recherche et la dynamique économique normande par exemple.

 


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