Quelles sont les ambitions économiques de nos régions ? – Les Echos / 28.02.18

Depuis la loi NOTRe votée en 2015, les nouvelles régions sont en charge de l’élaboration des schémas de développement économique, d’innovation et d’internationalisation. Finalisés en 2017, ils témoignent d’un esprit animé par des ambitions souvent fortes et différenciantes.

Auvergne-Rhône-Alpes à la conquête des marchés étrangers

Après la fusion des régions Auvergne et Rhône-Alpes, le nouveau conseil régional se fixe pour objectif de fusionner les différents clusters et de renforcer les liens entre start-up, PME, ETI et grands groupes afin de «chasser en meute» sur les marchés mondiaux.

À travers de nouvelles conventions d’objectifs, la région encourage ainsi les démarches de rapprochements entre pôles/clusters et la mutualisation de moyens, ainsi que l’extension de leur périmètre d’intervention à l’ensemble du territoire régional. Des plans d’action seront déployés sur trois domaines spécifiques : l’économie sociale et solidaire ; l’agriculture, la forêt et l’agroalimentaire ; le tourisme.

Bourgogne-Franche-Comté renforce ses liens avec la Suisse

Le schéma de développement régional prévoit de franchir une nouvelle étape dans la coopération avec quatre cantons suisses sur en matière d’innovation et de transferts de technologies.

Ce renforcement des relations s’appuie sur la Communauté du savoir, réunissant les principales hautes écoles et universités de l’Arc jurassien franco-suisse. L’ensemble de ces actions fait l’objet du soutien du programme Interreg France-Suisse.

La Bretagne veut mettre son agriculture au vert

Pour mener la transition vers une agriculture écologiquement performante, la Bretagne lance chaque année un appel à projets régional : «Agriculture écologiquement performante». L’idée est d’inciter des collectifs d’agriculteurs à se lancer dans des démarches d’innovation et d’expérimentation.

Il n’y a aucune obligation pour les agriculteurs qui présentent un projet commun d’appartenir à la même filière de production ni même d’utiliser les mêmes méthodes de travail. Au contraire, les approches différentes pourraient se montrer complémentaires.

Quelques thématiques des dossiers retenus en 2014 : amélioration de la fertilité des sols, démédication dans les élevages, autonomie protéique pour la filière laitière, réduction de la consommation de fuel, gestion durable de la ressource en bois, optimisation des pratiques agronomiques…

La Corse compte sur la coopération transfrontalière

Pour des raisons historiques, politiques et économiques, la Corse fait de la coopération transfrontalière un axe essentiel de sa stratégie . Le schéma de développement souhaite en particulier renforcer la démarche entamée avec les autorités de Sardaigne et des Baléares, mais aussi avec la Catalogne. Outre le renforcement des liens entre les universités, la région fait de la coopération un levier pour faciliter l’obtention de fonds et de labels européens.

Les Hauts-de-France se positionnent sur la «silver économie»

La région Hauts-de-France articule sa stratégie régionale autour de cinq dynamiques dont la promotion d’une santé innovante et des services à la personne. Elle est une des seules régions à se positionner sur cette thématique-là. Elle souhaite devenir leader dans l’économie des seniors.

Il faut savoir que les métiers de la santé et des services à la personne regroupent plus de 400.000 emplois dans les Hauts-de-France et que le marché régional, en essor constant, est estimé à plus de 10 milliards d’euros par an.

Trois thèmes sont développés pour faire des Hauts-de-France la leader de la santé et de la «silver économie» : l’e-santé et la m-santé ou les déclinaisons numériques et mobiles de la santé ; la domotique, l’immotique et les smart data.

L’Ile-de-France lance le chantier du bilinguisme

Afin de renforcer son attractivité internationale, l’Ile-de-France se fixe comme objectif de devenir une région bilingue . Parmi les orientations retenues, la création d’une section internationale anglophone dans tous les lycées, la sélection d’établissements pilotes dans le cadre d’un programme devant permettre aux bacheliers d’atteindre un niveau correspondant aux standards de type Toeic, l’introduction de l’anglais dans les contrats de performance des Centres de formation des apprentis (CFA).

>> Lire aussi : «Tu seras bilingue, mon fils…»

Autre objectif : l’accueil et une information bilingue français-anglais dans les 100 gares les plus touristiques ou les plus fréquentées d’Ile-de-France. Reste à convaincre les ministères et autres partenaires institutionnels de s’associer à ces différents chantiers.

Le Grand Est mise sur l’artisanat du futur

Dans le cadre de sa stratégie de développement , Grand Est a élaboré en partenariat avec la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat un appel à manifestation d’intérêt  : «Artisanat de demain».

Son objectif : inciter les entreprises artisanales à intégrer les nouvelles technologies et les nouveaux modes de production (digitalisation, dématérialisation, automatisation impression 3D, etc.). Cette approche s’inscrit dans le plan d’action globale de la région : usine du futur.

La Normandie investit la vallée de la Seine

A l’occasion de l’adoption de leurs schémas de développement, la Normandie et l’Ile-de-France ont réaffirmé leur volonté de faire de la vallée de la Seine un «corridor majeur de l’Europe» reliant la partie orientale de la péninsule ibérique à Mannheim/Strasbourg par le biais des ports de Rouen et du Havre.

Sont notamment concernés par ce volet de la coopération inter-régionale : la reconversion des friches industrielles, la synergie des politiques touristiques et culturelles, un projet de Campus des métiers du transport et de logistique, une négociation coordonnée avec les sociétés de transport ainsi qu’un portage commun des projets relatifs à la vallée de la Seine auprès de l’Union européenne.

La Nouvelle-Aquitaine veut des transports intelligents

La Nouvelle-Aquitaine souhaite devenir un territoire pilote et novateur pour le déploiement de nouvelles solutions de mobilité aptes à renforcer la qualité de vie et l’efficacité des déplacements en mettant autour de la table trois catégories d’acteurs : des citoyens utilisateurs, des collectivités financeurs (bien souvent) et des entreprises prestataires en charge de la construction des infrastructures et/ou de réalisation de la prestation.

Dans ce contexte, la création d’un «living lab» sur son territoire doit permettre d’expérimenter et de tester, en conditions réelles d’utilisation, les nouvelles solutions de transport et de mobilité pour s’assurer qu’elles collent au plus près des besoins des usagers.

L’Occitanie ambitionne d’attirer plus de touristes

Première destination de vacances auprès des Français, l’Occitanie s’est doté d’un plan de bataille ambitieux en matière de tourisme. Parmi les orientations les plus intéressantes, on notera la structuration des sites majeurs de la région et le développement de modèles de développement multi-saisonniers pour les stations touristiques, le soutien à l’agritourisme et à l’oenotourisme ou encore la prise en compte et l’incitation à la montée en gamme des résidences secondaires.

Le Sud opte pour une stratégie de filières

La Paca, aujourd’hui rebaptisée «Sud» souhaite mettre en place une stratégie de spécialisation autour de sept filières identifiées comme stratégiques (silver économie ; tourisme, culture, art de vivre et sport ; énergie de demain, éco-technologies ; industrie maritime, portuaire et logistique ; aéronautique spatial, naval et défense ; santé ; agriculture, agroalimentaire et cosmétiques) et de trois technologies clés (numérique, optique-photonique ; chimie-matériaux).

La traduction de cette stratégie se concrétise par des opérations d’intérêt régional » (OIR). L’objectif fixé est d’attirer 500 nouvelles entreprises, de créer 50.000 emplois.

Les Pays de la Loire et l’aide au recrutement immédiat

Le schéma de développement des Pays de la Loire consacre un volet entier à la formation professionnelle. Un nouveau programme régional de formations courtes d’adaptation à l’emploi intitulé «Accès emploi» a vocation à répondre aux besoins de recrutement immédiat des entreprises.

Il s’agit d’accompagner, via la formation, les entreprises qui s’engagent à recruter des demandeurs d’emploi par l’identification fine des compétences recherchées et un recrutement immédiatement suivi d’une formation d’adaptation à l’emploi pour garantir l’opérationnalité du candidat retenu. Ce programme est mis en oeuvre en s’appuyant sur des dispositifs de Pôle emploi et des organismes paritaires collecteurs agréés (Opca).
En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-179768-les-regions-francaises-affichent-leurs-ambitions-economiques-2157244.php#Svxqqb4C7pPQEIc4.99


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